vinci

Rueil Malmaison (siège du groupe)

Vinci, ex SGE (société générale d’entreprises)

185 k salariés dans plus de 100 pays.

28 milliards de CA en 2014

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succès : jongler entre deux échelles de temps

court terme (quelques années):retour immédiat (mais faibles marges car coût de la main d’ œuvre)

long terme : rente de concessions d’infrastructures (aéroport, pont, tunnel…) (compenses les aléas du BTP)

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Vinci est né en 2000 de mariages stratégiques (fusion concentartion). Vinci fait oublier des noms entachés par la corruption et devient un mastodonte.

Seuls 3 groupes chinois dépassent la multinationale française, championne du CAC 40.

Vinci est en réalité composée de 2100 entreprises, parfois des PME (quelques dizaines de salariés)

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Une affaire juteuse:concession des autoroutes françaises, qui n’ont pas été à construire, par Laurent Fabuis en 2001. (L’A7 et l’A89 entre Lyon et Marseille et entre Bordeaux et Lyon). Vinci a fait d’énormes bénéfices en 2014 : les autoroutes représentent 12 % du CA.

Les français Vinci (propriétaire d'ASF, Escota et Cofiroute) et Eiffage (APRR et Area) et l'espagnol Abertis (Sanef et SAPN) détiennent les trois quarts du réseau autoroutier français.

Les français Vinci (propriétaire d’ASF, Escota et Cofiroute) et Eiffage (APRR et Area) et l’espagnol Abertis (Sanef et SAPN) détiennent les trois quarts du réseau autoroutier français.

 

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Les bénéfices expliquent le lobbying intense de Vinci pour allonger la durée des concessions : chaque année gagnée représente un bonus à deux chiffres (jusqu’à 30 %) pour les actionnaires. Pour cela, Vinci fait des murs antibruit, des télépéages sans arrêt (pour limiter le CO2)…

Région d’Agadez (Niger) (Quartier des axpatriés de Sogea Satom (filiale de Vinci)

Les 2 000 employés (mineurs et ingénieurs) qui extraient l’uranium ( 1/3 des besoins des centrales nucléaires françaises) sont hébérgées dans un oasis artificiel gardé par 500 gardes depuis la prise d’otages en 2010 par AQMI.

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Née dans les années 30, Sogea Satom a fourni des tuyaux d’adduction d’eau au Maghreb (protectorat français) puis après la 2Gm en Afrique centrale et occidentale. C’est la branche Afrique de Vinci. Satom est en continuité avec les idées du groupe de pression colonialiste de Louis Loucheur, fondateur de SGE.

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Depuis 2012, Vinci construit la « grande rivière artificielle » qui ponctionne les nappes phréatiques du Sahara. Financé par les revenus du pétrole, le projet de 31 milliards de dollars détruit une ressource fossile pratiquement non renouvelable (70 k ans pour se reconstituer). Une aberration, pour ne pas dire un crime écologique.

Doha (Qatar) (chantier de métro devant relier l’aéroport au cœur de la ville)

En 2022 ; la ville doit accueillir la Coupe du monde de football et dépensera 64 milliards d’euros d’infrastructures. Vinci y travaille mais est accusée par l’ONG Sherpa (contre les crimes économiques) de « travail forcé et servitude ». En réponse, Vinci poursuit pour diffamation le président de l’ONG.

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Chaque année, l’Inde et le Népal recensent des centaines de décès de leur ressortissants. Même en France, le BTP qui emploie 8,5 % de l’ensemble des salariés, est responsable de 26 % des morts accidentelles.

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Pourtant Vinci affiche un attachement à la prévention. Les cadres ont des primes et les ouvriers des gratifications. Par exemple, chez Sogea Satom, des défis internes récompensent en louis d’or les salariés sans ayant déclaré d’accident du travail. Selon la CGT, ce système incite à ne pas déclarer les accidents.

Paris, MAPPP (Maison d’appui aux partenariats public privé)

Vinci, qui truste les PPP (partenariat public privé) forme une oligarchie puissante. Pour Jean Pierre Sueur et Hugues Portelli (rapport au Sénat en 2014), le PPP sont des « bombes à retardement budgétaire »:les pouvoirs publics confient au privé l’investissement, la gestion, la maintenance de grands équipements en temps de crise et d’austérité, mais l’impact financier n’apparaîtra qu’après la fin du mandat des élus qui l’ont signé.

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Toutefois, l’Etat devient méfiant : Vinci et la ville de Nice à propos de dérégulation financière, Biarritz résilie son contrat avec Vinci pour sa Cité de l’océan, l’université Paris Diderot est une feuilleton judiciaire.

Gragnague (Haute Garonne)

Entre Toulouse et Castres, les Jardins de Cocagne ont reçu des subsides de Vinci, à qui ils servent de vitrine « verte » et citoyenne. En aidant une structure qui cultive bio, le géant du BTP place gracieusement ses cadres, pour un mécénat de compétence. Le cadre vantera cette immersion gratifiante dans un univers social lointain. A l’occasion, Vinci offrira un « emploi durable » à quelques défavorisés. Le toilettage d’image balise l’évolution du groupe. A côté de Nantes (Projet Aéroport Notre Dame) Vinci finance une chaire universitaire consacrée à l’éco construction et au génie civil.

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D’après un article de Nicolas de La Casinière (Journaliste) (Libération, L’express) dans Le Monde Diplomatique (mars 2016)

Approfondir :

 

http://www.reseaucocagne.asso.fr/fondation-vinci/

https://librejugement.org/2014/02/25/la-nebuleuse-vinci/

http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20140721.OBS4317/cheres-tres-cheres-autoroutes-le-scandale.html